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Merci Jacques Verhaeghe. Le LOSC à jamais reconnaissant

« Quand un ancien s’en va, c’est une bibliothèque qui brule ». Jamais ce proverbe n’avait autant épousé l’émotion ressentie aujourd’hui par la communauté du LOSC, en apprenant la disparition de Jacques Verhaeghe. Eminent serviteur du club depuis les années 1970 à différentes fonctions, dont celle de collectionneur, historien et photographe du LOSC et du football lillois, Jacques a plus que participé à la constitution, à la préservation et à la promotion du patrimoine du LOSC.

Un monument du LOSC

En juillet 1972, le bulletin de liaison « Le LOSC à ses amis » publie une annonce : « un supporter lillois recherche des photos de l’Olympique Lillois et du Sporting Club Fivois. Ecrire à Jacques Verhaeghe… » Ce supporter sera bientôt l’archiviste et collectionneur de référence sur le LOSC et le football nordiste, auteur ou illustrateur de nombreux ouvrages, fidèle et efficace collaborateur du club durant 5 décennies. Un monument !


 

André Strappe pour idole… Et ami de la famille

Originaire de Loos-en-Gohelle, Jacques Verhaeghe grandit au milieu des terrils, lui qui possède ainsi la « double nationalité » lensoise et lilloise... Ses parents tiennent un café devant lequel s’arrête le bus qui conduit les supporters vers le stade Bollaert. Une de ses idoles d’alors est André Strappe, légende du grand LOSC (1948-1958) lui aussi originaire du bassin minier. Mineur, le père de Jacques s’est lié d’amitié avec le beau-père de l’attaquant lillois et ce dernier passe régulièrement par le café de Loos-en-Gohelle, commençant à créer une fibre losciste dans le cœur de Jacques, qui pratique lui-même le football en club à Grenay puis à Vermelles en première division Artois.


 

Photographe officiel à partir des années 70

Côté professionnel, après avoir fait l’apprentissage du métier d’ajusteur-tourneur, Jacques tient des superettes coopératives – les fameuses Coop – successivement à Vermelles, Arras puis à Faches-Thumesnil, où il débarque à l’orée des années 70. Le voici à proximité de Lille… et du LOSC ! Son appareil photo en bandoulière, il se rapproche du club et fait de premiers clichés. Il sympathise avec Charles Crépin, le secrétaire de la section amateurs, qui lui servira de relais pour intégrer le club lillois et lui permet de photographier une première fois le onze lillois à Henri-Jooris à l’occasion de la réception de l’OM, le 5 mars 1972. Dès lors, Jacques sera de toutes les rencontres dans ce stade mythique.


 

Une collection d’exception

Ses photos d’équipes, d’actions de jeu, portraits de joueurs s’accumulent et complètent sa collection de photos. Organisé, obstiné, il écrit à ses idoles pour obtenir des clichés et, par l’entremise de Paul Hurseau, figure du journalisme sportif nordiste, est introduit auprès des anciens de l’Olympique Lillois dont il devient le photographe et avec lesquels il se lie d’amitié. Sa collection sur le football lillois et nordiste devient alors incontournable. Il glane ci et là des pièces exceptionnelles, telles que le maillot de Jean Lechantre du doublé de 1946 ou celui porté par François Bourbotte au SC Fivois. Jacques est également de plus en plus présent dans les arcanes du LOSC. Le dynamique Patrick Robert l’intègre à la commission d’animation du club où il fait évidemment office de photographe. Ses archives sont aujourd’hui encore utilisées régulièrement dans les publications du club.


 

Responsable de la sécurité, puis de l’accueil des visiteurs

En 1979, il endosse un rôle d’homme-orchestre : organisateur des matchs des professionnels et des amateurs, tout en étant délégué de l’équipe de Division III. Il est nommé par Charly Samoy, qu’il considère comme son « frère » au LOSC. Son tout premier match dans ce nouveau rôle ? Le fameux (et inoubliable) LOSC-AS Saint-Etienne (3-0, le 07/04/1979) qui marque le record d’affluence au stade Grimonprez-Jooris.

Dans les années 80, il intègre le Furet du Nord comme responsable de l’entrepôt de la rue de l’Hôpital Militaire, fonction qu’il occupe durant 20 ans. Au LOSC, il est missionné à la sécurité du club, notamment l’organisation de l’équipe de stadiers. En 2000, en marge d’un LOSC-Bastia, une bagarre éclate entre les dirigeants bastiais et des stadiers. Le président du club corse, François Nicolaï, est molesté. L’affaire fait grand bruit et la direction du club, demande à Jacques de prendre la responsabilité de l’accueil des équipes visiteuses. Il ne la quittera plus jusqu’à la fin de l’année 2025, sans ne jamais rater un seul match à domicile, toutes compétitions confondues. Après avoir reçu un Dogue d’Honneur des mains d’Olivier Létang à la fin de la saison 2023-2024, Jacques avait même joué les prolongations dans ses missions avec son club de cœur, jusqu’au dernier LOSC-OM (1-0), le 5 décembre 2025.


 

Livres, expositions : un rayonnement national

Ses incroyables trésors font le bonheur des passionnés de l’histoire du football. Il a coécrit 8 livres sur le LOSC et le football nordiste, collaboré à 5 autres et participé au total aux illustrations de 36 ouvrages, ses archives ayant un rayonnement national. Il a également été le maître d’œuvre d’une vingtaine d’expositions sur le football lillois, nordiste et sur l’histoire de l’équipe de France. Au LOSC, Jacques Verhaeghe a connu 5 stades, 16 présidents, 28 entraîneurs, des milliers de matchs et des millions d’émotions.

C’est aujourd’hui à un monument du patrimoine losciste que nous disons adieu, mais surtout merci. Mille fois merci, Jacques, pour ton travail de conservation de la mémoire inégalable. La trace que tu laisseras dans l’Histoire du LOSC est à la hauteur de la passion qui t’a animé toute ta vie pour ce club : monumentale.

Adieu, Jacques

Merci à Arnaud Mahieu et Damien Boone pour les informations.