La nouvelle vie d’Aurélien Chedjou
Dogue de 2007 à 2013, Aurélien Chedjou est revenu au LOSC cet été, dans un rôle de technicien chargé du suivi post-formation. Depuis, l’ancien défenseur international camerounais apporte son expérience au sein du groupe Pro 2 dirigé par Stéphane Pichot. À aujourd’hui 40 ans, il raconte sa nouvelle vie, en écho à sa carrière d’hier, sous ce maillot qu’il aime tant.
Retour au LOSC, 12 ans après
« C’est vrai que le blason a un peu changé, qu’il a connu quelques ajustements avec le FIERS.FORTS.FÉROCES, mais j’ai retrouvé le club que j’avais quitté il y a 12 ans et ça fait du bien d’être là. C’était une évidence pour moi de revenir à Lille. Je n’ai même pas beaucoup réfléchi. Je me suis dit "écoute, voilà, on me rappelle à la maison, je reviens". Le LOSC m’a donné beaucoup. Le moment était donc venu que ce soit moi qui lui donne en retour. »
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Formateur, un nouveau métier
« J’ai plusieurs casquettes qui me poussent à être beaucoup plus dans l’anticipation que je ne l’étais en tant que joueur. Hier, j’étais dans le « savoir-faire », aujourd’hui, je suis dans le « savoir-faire faire ». Je dois transmettre les choses, les bons comportements, apprendre aux jeunes à anticiper la séance d’entraînement du lendemain, à gérer la fatigue, le mental. Je dois aussi aller vers eux pour les pousser à s’ouvrir. Au départ, ce n’était pas facile, mais heureusement je peux compter sur le staff de la Pro 2 pour m’aider. »
Jeunes d’hier vs. Jeunes d’aujourd’hui
« Si je perçois une différence entre les générations ? Je dirais qu’il y a beaucoup plus de réseaux sociaux aujourd’hui qu’hier. Mais une fois sur le terrain, ils écoutent. Chaque époque a ses réalités, on fait avec ce qu’ils nous proposent en essayant de les alerter sur les comportements à éviter. Je ne suis pas de ceux qui « tirent » sur les jeunes, car il faut savoir qu’il y a beaucoup de choses qui gravitent autour d’eux. Beaucoup plus qu’avant. Et je pense qu’on peut être fier des garçons que nous avons à Lille. »
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Mission « petit pont »
« Au début, les plus jeunes ne me connaissaient pas. Puis ils ont cherché mon nom sur les réseaux sociaux et sont tombés sur mon petit pont mis à Zlatan (NDLR : lors de PSG-LOSC en janvier 2013, Aurélien avait réussi à glisser la balle entre les jambes d'Ibrahimovic. Une image qui avait fait le tour du monde). Ils m’en parlent souvent. Depuis, ils cherchent à me mettre des petits ponts aux entraînements. Je suis obligé de faire attention. Angel Yondjo Matah a réussi avant-hier, il était heureux (sourire). Plus sérieusement, je pense qu’une relation de confiance s’est installée. Ils viennent me voir pour me demander des conseils. »
Dogue de 2007 à 2013, Aurélien Chedjou est revenu au LOSC cet été, dans un rôle de technicien chargé du suivi post-formation. À aujourd’hui 40 ans, il nous raconte sa nouvelle vie, en écho à sa carrière d’hier, sous ce maillot qu’il aime tant ⤵️
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Une porte ouverte aux jeunes africains
« Il y a au LOSC de jeunes joueurs africains qui peuvent avoir besoin auprès d’eux d’un ancien footballeur du club qui est passé par là, au niveau de l’adaptation. En ce sens, le Club a aussi fait appel à moi pour cela. Je constate naturellement que les problématiques sont finalement les mêmes que les miennes lorsque je suis arrivé en France. Je leur donne quelques tips pour s’adapter à l’entraînement, aux températures, à tout ce qui gravite autour du club, mais aussi au fait de s’adapter à la vie ici à Lille. Car c’est bien beau d’être bon sur le terrain, mais si une fois en dehors, vous n’avez pas la tête « aérée », vous pouvez vite vous dire que vous n’êtes ici que pour le foot. Et là ça ne fonctionne plus. Il faut réussir à s’adapter à la vraie vie pour être performant dans son travail, sur le terrain. »
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Une question de confiance
« Avant d’arriver au LOSC, j’avais pas mal bourlingué (Pau, Auxerre, Rouen), et j’avais perdu confiance en moi. Je n’oublierai jamais que c’est ici qu’on me l’a redonnée. J’étais milieu de terrain et j’avais tendance à trop me regarder jouer. Puis je suis tombé sur le coach Pascal Plancque qui m’a positionné derrière et m’a dit : "on te fait confiance, on connait tes qualités, tu ferras des erreurs, mais tu finiras par trouver tout seul le bon curseur entre dribbler ou faire la passe". Pour moi ça a été le déclic. On ne voulait pas changer pas mon identité, on me transmettait celle du club. Tout s’est alors enchaîné et n’a été ensuite que pur bonheur. Au moment de quitter le club, j’étais en larmes. »

Au bon souvenir du Luchin d’hier
« Beaucoup de souvenirs reviennent chaque jour, à Luchin. Récemment, je revoyais les préfabriqués où on s’entraînait. Quand je dis aux jeunes qu’on se changeait ici, ils ne me croient pas. Aujourd’hui, ils ont le privilège d’avoir un beau centre d’entraînement, de belles pelouses. Quand je passe le portail du Domaine, tout est beau. À l’époque, il n’y avait même pas de portail. Tout a tellement évolué. »

Les valeurs du Dogue
« Il y en a plusieurs. Déjà se battre. On est dans une région où les gens sont courageux, travailleurs. La météo n’est pas toujours au top, mais quand on se lève le matin pour aller travailler, on est fier. Les valeurs du LOSC, c’est ça. Se retrousser les manches et représenter un club qui a son mot à dire en France et même en Europe. Je me souviens de matchs que nous avions perdu, mais on se regardait tous dans les yeux en se disant qu’on avait tout donné. »
Lille, sa maison
« Lille, c’est le club, la ville où je suis devenu un homme, où j’ai eu mon premier enfant, où les gens me reconnaissent, me disent encore parfois merci. J’ai des amis ici, j’ai encore ma maison, la même qu’à l’époque. Je l’ai toujours gardée, car j’aime cette région, la chaleur des gens. J’ai beaucoup de connexions ici et je me suis toujours dit que c’est ici que je voudrais vivre après ma carrière. »
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