LOSC-PAOK (3-4) : folie douce mais dure réalité
Cela aurait pu être un cauchemar, ce ne sera qu’une défaite. Dans un match fou (sept buts, un penalty manqué et une égalisation annulée à la 96'), les Dogues s’inclinent par le plus petit des écarts après avoir été menés de trois buts en une mi-temps. Un espoir et une révolte pleine de fougue en guise de consolation : cela n’a pas suffi, mais après une entame catastrophique, nos Dogues ont vaillamment vendu leur peau (3-4).
Le contexte
Un mois après son entrée dans la compétition, le LOSC compte déjà deux victoires et six points en Phase de Ligue UEFA Europa League, ce mini-championnat intra-européen. Les Dogues ainsi ont débuté par une victoire arrachée au SK Brann (2-1) en septembre, avant de réaliser une petite sensation en Italie, face à l'AS Roma (0-1). La tendance est donc encourageante, surtout qu'en championnat les feux sont repassés au vert après le succès face à Nantes (0-2). Mais gare au PAOK Salonique, impérial dans son championnat grec, et désireux de décrocher sa première victoire en UEFA. Côté infirmerie, Bruno Genesio devra encore composer sans Alexsandro, qui termine son programme de reprise, mais bénéficie d'une abondance de talents disponibles ce jeudi soir.

Le match
Au grand dam du public fidèle au rendez-vous, la première mi-temps a livré un spectacle sans éclat et assez pauvre en actions chaudes. Sauf qu'à ce jeu-là, ce sont malheureusement les Grecs qui se sont montrés les plus cliniques. Malgré une possession largement à l’avantage des Dogues, et une certaine énergie du quatuor offensif Igamane/Fernandez-Pardo/Félix/Sahraoui, ce sont bien les visiteurs qui ont mis trois pions en trois occasions. Avant ça, Matias Fernandez-Pardo avait bien tenté de tester les gants du portier grec, d’abord en pivot (8’) puis sur une tentative plus lointaine (10’). Mais le PAOK, plus précis, a réussi à porter l’estocade en trois minutes. D’abord sur une frappe lointaine au ras du poteau d’Özer, réussie par l’ancien de la maison rouge, Soualiho Meité (19’), libre de tout marquage (0-1, 19’). Puis sur un contre assassin mené par le capitaine Zivkovic, qui résiste bien au retour de Nathan Ngoy pour achever Berke Özer (0-2, 22’).

Sonnés, les Dogues envisageaient pourtant le come-back quand Fernandez-Pardo était retenu par le maillot dans la surface ; mais l’arbitre a semble-t-il décidé que l’ailier lillois avait été soufflé par la bise automnale, et pas par une grossière faute adverse. Une incompréhension dont la cruauté frappera deux fois, puisque c’est aussitôt après que le PAOK assène un troisième but, en se jouant du bloc défensif lillois pour ajuster Özer de l’entrée de la surface (0-3, 43’), par l’entremise de Konstantelias.

Blessés dans leur orgueil, les Dogues ressortent des vestiaires avec les crocs dehors pour tenter la mission impossible. Et c’est le capitaine Benjamin André qui alluma l’étincelle de l’espoir, d’un gigantesque coup de boule sur corner (1-3, 57’), repris au point de penalty. Le début d’une longue séquence offensive lilloise, ponctuée par une double occase d’Igamane - frappe lointaine à la 60’, puis tête piquée à la 65’ - que le portier grec réussit à -magnifiquement - évacuer en corner. Entretemps, Chancel Mbemba avait lui aussi joué de la tête pour réduire le score, mais c’est là-encore stoppé par Tsiftsis sur sa ligne. Le feu est à présent un incendie chez les Grecs : pour la quatrième fois en dix minutes, un Lillois frappe au but de la tête. Et cette fois, c’est la bonne : Hamza Igamane décroise parfaitement dans la lucarne du gardien du PAOK… et voilà l’écart réduit à son plus petit dénominateur (2-3, 68’) !!!

Dans un match qui n’avait déjà plus besoin de davantage de folie, les Grecs décrochent puis manquent un penalty aussitôt après la réduction du score (70’), grâce aux instincts surhumains de la muraille Özer, dont c’est le quatrième penalty arrêté en deux matchs consécutifs en Coupe d’Europe. Et malgré un second but de l’intenable Zivkovic (74’), suivi d’un arrêt nouvel miraculeux de Berke Özer sur sa ligne, la soif des Dogues reste intacte, à l’image d’Hamza Igamane qui réussit un but venu d’ailleurs pour recoller à 3 buts à 4 à quinze minute du terme (77’) !
Mais il était dit que la défaite, si longtemps crainte et d’une certaine manière méritée, devait être inévitable pour nos Dogues. A l’image du but de l’égalisation marqué par Benjamin André au bout du temps additionnel, mais aussitôt balayé pour une position de hors-jeu lilloise, le résultat sportif emporte avec lui nos émotions secouées d’une mi-temps sur l’autre, et ce sentiment douloureux d’un miracle manqué d’un rien. Tels Sisyphe grimpant sur sa colline sans jamais y parvenir, les Lillois ont lutté en vain contre leur destin : une authentique désillusion.
La suite
On change de compét', mais pas de stade (et tant mieux !) : entre ici, FC Metz, dans la bouillante Decathlon Arena Stade Pierre Mauroy ! Le défi opposant les Dogues aux Grenats, pour le compte de la neuvième journée de Ligue 1 McDonald's, aura lieu ce dimanche à 15 heures. Avec toi ?

La feuille de match
LOSC-PAOK FC : 3-4 (0-3)
Jeudi 23 octobre 2025, 21h - 3ème journée de Phase de Ligue de l'UEFA Europa League - 23.666 spectateurs
Decathlon Arena Stade Pierre Mauroy - Toit fermé
Arbitre : Nikola Dabanovic
Buts : Meité (19'), Zivkovic (22', 74') Konstantelias (43'), pour le PAOK, André (57'), Igamane (68', 77') pour le LOSC
Avertissements : Zivkovic (30'), Kedziora (44'), Giakoumakis (90'), Kedziora (90' et 90'+8'), Tsiftsis (90'+2') pour le PAOK, Raghouber (53') pour Lille
Expulsion : Kedziora (90'+8')
LOSC : Özer – Santos (Meunier, 45'), Ngoy (Mbemba, 45'), Mandi, Verdonk– André (c), Raghouber (Bouaddi,) – Fernandez-Pardo, Félix, Sahraoui - Igamane
Entraîneur : Bruno Genesio
PAOK FC : Tsiftsis - Camara (Bianco, 15'), Kenny, Michailldis, Meite, Chalov (Giakoumakis, 66'), Zivkovic (c), Kedziora, Baba, Konstantelias, Despodov (Pelkas, 83')
Entraîneur : Ravzan Lucescu